L'Ouroboros
Description de l'article de blog :Et le Chant de Sköll
1/14/20263 min read


Le Chant de Sköll et l’Ouverture de l’Ouroboros. L’ouroboros, le serpent qui se mord la queue n’est pas né dans les fjords nordiques. Il apparaît partout : en Égypte ancienne avec l’ouroboros qui encercle le disque solaire, dans l’alchimie européenne où il symbolise l’unité du tout, chez les Mayas avec le serpent à plumes qui se régénère, dans les mandalas hindous où il représente le cycle éternel de la création et de la destruction. Partout, il murmure la même vérité : la fin est le début, le chaos est le ventre de la renaissance, le cercle ne s’arrête jamais – il s’ouvre pour mieux se refermer.
Et dans les sagas nordiques, il prend le visage de Sköll et Hati…
Écoute le vent qui hurle au-delà des fjords. Écoute le tambour qui bat, lent, profond, comme un cœur sous la glace. Écoute le loup qui court.
Sköll. Son nom est presque un grognement. Il court après Sól, la déesse du Soleil, sans jamais s’arrêter. Hati court après Máni, le dieu de la Lune. Leur faim est sans fin. Quand leurs crocs s’approchent trop, le jour s’assombrit, la nuit s’épaissit – une éclipse, un souffle froid sur la nuque du monde.
Mais ce n’est pas la fin. C’est le cercle. L’ouroboros, le serpent qui se mord la queue, est le chant le plus ancien. Il dévore sa propre fin pour renaître. Sköll et Hati ne chassent pas pour tuer la lumière pour toujours. Ils chassent pour que le cycle respire. Pour que le Soleil soit avalé… et renaisse plus vif. Pour que la Lune disparaisse… et réapparaisse plus claire.
Et puis il y a Baldr. Le dieu le plus pur, le plus aimé, celui dont la beauté fait pleurer les pierres. Frigg, sa mère, fait jurer à toute chose de ne jamais lui faire de mal – sauf au gui, trop jeune, trop insignifiant. Loki voit la faille. Il guide la main aveugle de Höðr. La branche frappe. Baldr tombe. Le monde entier pleure. La lumière pure s’éteint.
C’est là que le serpent lâche sa queue. Ragnarök arrive. Le cycle s’ouvre. S’étire. Devient spirale presque droite, presque infinie. Le Soleil et la Lune sont dévorés. Surtr met le feu au monde. Les vagues engloutissent la terre. Les dieux tombent. Tout semble perdu.
Mais écoute le tambour qui continue, lent, sourd, implacable. Après les flammes, après l’eau, après les ténèbres totales… le serpent referme sa mâchoire. Baldr ressuscite. Il marche sur une terre neuve, pardonné, accompagné de Höðr. Un nouveau Soleil se lève. Une nouvelle Lune brille. Líf et Lífþrasir repeuplent le monde.
Le cercle reprend – plus vaste, plus conscient. Ces périodes d’ouverture, ces fins de cycle comme Ragnarök, ce sont les grandes respirations du vivant : le chaos qui s’étend, qui dévore tout, qui semble tout détruire… et qui réajuste, nettoie, permet une boucle plus large, plus aimante.
Et si on écoutait nos propres Ragnarök ? Ces moments où tout s’effondre – une perte, une trahison, un effondrement intérieur – et où, après les ténèbres, quelque chose de neuf émerge ? Et si Sköll courait en nous aussi, pour nous empêcher de stagner dans notre propre perfection ?
Le serpent se mord la queue. Mais parfois, il lâche prise. Il s’étire. Il respire. Puis il referme.
Et le chant continue.
Sköll et Hati courent sans fin après le Soleil et la Lune. Leur faim est éternelle. Quand ils s’approchent trop, le jour s’obscurcit, la nuit s’épaissit – une éclipse.
Mais ce n’est pas une fin. C’est un cercle. L’ouroboros, le serpent qui se mord la queue, est au cœur des mythes nordiques. Sköll et Hati ne chassent pas pour détruire pour toujours. Ils chassent pour que le cycle tourne. Pour que le Soleil soit dévoré… et renaisse. Pour que la Lune disparaisse… et réapparaisse. Pour que Baldr, le dieu le plus pur, tombe par une branche de gui oubliée… et revienne sur une terre neuve, pardonné, accompagné de son meurtrier.Leur course n’est pas chaos gratuit. C’est l’élan qui dévore pour régénérer. La lumière pure qui refuse l’ombre finit par s’éteindre. Sköll et Hati sont les gardiens du cercle : ils empêchent le monde de stagner dans sa perfection.
Et si on regarde autour de nous ? Les pics de Schumann qui nous épuisent mais ouvrent des rêves plus lucides… Les états quantiques où la matière doit se dissoudre pour révéler ses possibilités…