Le Don qu'on Tait

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1/14/20262 min read

white concrete building during daytime
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Clés Subtiles – L’Élan Créateur et le Don qu'on tait

Imagine un fleuve qui coule depuis toujours. Il n’a pas de début ni de fin visibles – juste un mouvement incessant qui porte la vie, qui creuse la roche, qui nourrit les racines, qui fait pousser les arbres et les enfants qui viennent boire à sa source. Ce fleuve, c’est X. On peut l’appeler Créateur, ensemble de lois, cohérence, dynamisme, amour actif… peu importe le mot. Ce qui compte, c’est qu’il est dynamique. Il ne s’arrête pas. Il ne s’arrête jamais.

Et nous ? Nous sommes des gouttes dans ce fleuve. Mais pas des gouttes passives. Des gouttes qui portent en elles une petite étincelle du mouvement même. La nature nous a donné des particularités – des talents, des dons, des façons uniques de vibrer – pour que nous participions à cet élan. Pour que nous transformions la matière brute en quelque chose qui continue la création : des bébés, des œuvres, des liens, des clés, des murmures qui font pousser d’autres gouttes.

Mais parfois… une goutte décide de s’arrêter. Elle dit : « Fascinant, ce fleuve. Mais inutile pour moi. » Elle se met sur le côté, elle se regarde briller seule, elle se compare à d’autres gouttes qui brillent plus fort, elle gagne des paillettes pour son éclat individuel… et elle oublie qu’elle faisait partie du courant. Alors elle stagne. Elle devient marécage . Elle se plaint que l’eau est trouble, que son éclat ne suffit pas à la réchauffer, que ses bords se fissurent. Et pourtant, le fleuve continue à couler sans elle.

Question : Et si notre vraie utilité n’était pas dans ce que nous accumulons pour nous-mêmes… mais dans ce que nous laissons passer ? Dans ce que nous transformons, donnons, créons avec les particularités que la nature nous a confiées ?

Les signes de communication sont partout dans la nature. Les arbres parlent aux champignons, les abeilles dansent pour leurs sœurs, les oiseaux chantent des cartes du ciel. Nous seuls avons oublié le langage. Nous seuls avons construit des murs pour ne plus entendre. Et pourtant… si tout est communication, si la création est un dialogue incessant… comment imaginer que la Source reste muette ? Comment imaginer qu’elle ne veuille pas que nous répondions, que nous participions, que nous continuions l’élan ?

Les précieux (près cieux) prophètes ne nous ont pas juste demandé d’aimer. Il nous ont demandé de parler à cet élément primordial. « Notre Père qui es aux cieux… » Un dialogue direct, intime, sans intermédiaire. Pas pour obtenir des miracles sur commande. Pour comprendre. Pour être en adéquation. Pour répondre au besoin que la nature a de nous : celui d’être des gouttes qui laissent passer le fleuve, qui le font briller à travers leurs talents uniques.

Et si le vrai blasphème n’était pas de douter… mais de refuser le mouvement ? De dire « merci pour le don, mais je n’en veux pas plus que pour m’amuser » ? De comparer les dons que nous offre le créateur, à une drogue fascinante mais inutile ?