Hypothèse sur L'Ego

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1/10/20268 min read

photo of white staircase
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L’Ego, Photographe Impitoyable – Une Hypothèse Personnelle sur l’Outil qui Fixe, Projette et Pétrifie

Introduction Pascale bouchet, spécialiste de la vision hermétiste dit qu'on ne doit pas démoniser l'égo mais comprendre sa fonction. Dans les récits anthropologiques des cultures orales – des mythes védiques aux traditions chamaniques amérindiennes – l’humain est souvent vu comme un être tissé de visible et d’invisible, de dense et de subtil, où la mémoire collective se réécrit au fil des générations pour préserver l’identité du groupe. Au cœur de cette dualité se trouve l’ego : non pas un ange ou un tyran, mais un outil neutre, fixe, immuable, ancré dans notre subtilité mais manifesté dans la chair. Cette hypothèse est un tissage personnel, nourri de lectures socio-anthropologiques sur les constructions culturelles de l’identité et de la mémoire, d’échos hermétiques et de neurosciences vulgarisées. Prenez-la comme un « et si… ? » ouvert, une invitation à questionner les mécanismes qui nous lient sans les figer en dogme – pour rêver d’un nouvel âge des Lumières où l’on comprend mieux les outils qui nous composent, sans confusion ni mélange des cartes.

L’ego comme outil subtil dans le dense : le photographe implacable L’ego n’est pas notre Simorgh angélique, cette partie divine des mythes persans qui guide vers l’unité. Il est une partie de notre subtilité – comme l’Esprit Saint dans les textes chrétiens anciens, un intermédiaire qui descend dans le monde matériel pour témoigner et fixer. Neutre et immuable, il n’apprend pas, il n’évolue pas, il ne devient jamais sage. Sa fonction unique : fixer. Prendre une photo. Graver l’instant dans les annales akashiques – cette mémoire cosmique que les traditions védiques et théosophiques décrivent comme une pellicule éthérique où tout est enregistré. Pour cela, il dépend entièrement des émotions. Plus elles sont intenses (joie pure, rage viscérale, peur panique, amour déchirant), plus le cliché est net, profond, indélébile. Les traumatismes s’impriment sans permission, les moments de joie deviennent des cristaux éternels. Nous n’avons pas le contrôle sur ce qui se fixe. L’ego appuie sur le déclencheur sans attendre notre avis. Il est le photographe implacable, le cinéaste automatique, le projectionniste qui repasse ensuite ces bobines en boucle, surtout quand un grand changement menace l’intégrité du vaisseau (corps, identité, survie psychique). Il projette ces films pour immobiliser, pour que rien ne bouge – comme la Gorgone Méduse qui pétrifie sans haine ni amour, juste par nature. Il ne protège pas activement, ni ne détruit ; il fige, point, pour conserver l’intégrité générale comme un gardien primal qui verrouille les portes avant la tempête.

La mémoire labile : nous, observateurs conscients, et le libre arbitre qui regarde les photos déjà prises La mémoire n’est pas figée comme du marbre éternel. Comme les anthropologues l’ont observé dans les récits oraux des peuples indigènes, où les histoires se réécrivent au fil des besoins du groupe, nos souvenirs sont labiles, malléables. Les neurosciences le confirment : chaque rappel réactive la trace, la rend vulnérable, et nous avons cette capacité étrange de nous mentir à nous-mêmes, de croire au mensonge jusqu’à ce qu’il devienne « vérité » – un processus de reconsolidation où l’émotion nouvelle peut teinter l’ancienne photo, la déformer, la réécrire subtilement. Voir les travaux de Marc Valman sur la valence émotionnelle et l'asymétrie préfrontale (en lien avec Andrew Newberg, How God Changes Your Brain). L’ego fixe l’instant initial avec l’émotion brute, mais nous, en conscience, sommes l’observateur de ces images déjà prises. Notre libre arbitre n’est pas le photographe ; il est celui qui contemple l’image dans la salle obscure, qui sent son poids, qui la regarde sans pouvoir l’effacer complètement. À partir de ces photos gravées (traumatismes qui s’imposent, joies qui illuminent, leçons qui persistent), il choisit comment agir maintenant : intégrer, dépasser, transformer, faire différemment. Il ne contrôle pas le fixage originel ; il éclaire l’avenir à partir de lui. Il dit : « Merci pour la photo. Maintenant, je choisis comment vivre avec elle. »

Le balancier : la contrepartie naturelle à l’action pétrifiante de l’ego L’ego, avec son désir que rien ne bouge, a stimulé dans notre chair une manifestation opposante : un balancier neuronal. Pessimisme vigilant (côté droit préfrontal, retrait, détection de menace) vs optimisme explorateur (côté gauche, approche, récompense). L’ego n’utilise pas ce balancier ; lui, il veut pétrifier, immobiliser. C’est la nature, dans sa loi anthropologique d’équilibre – observée dans les mythes dualistes des peuples anciens, où le monde est toujours en tension entre forces opposées – qui a créé cette contrepartie pour que l’action figeante de l’ego ne nous détruise pas. Ce balancier est l’outil évolutif qui nous a permis de survivre ET de créer, de la prudence aux grandes migrations. L’ego ne choisit pas ; il fige quand l’émotion frappe. Nous, observateurs, regardons l’oscillation et décidons comment l’utiliser.

Après la mort du corps : comprendre enfin la fonction Quand le filtre dense s’efface, quand la peur ne nourrit plus les projections d’urgence, on comprend enfin la fonction de l’ego. Il n’a pas changé – il reste cet outil fidèle, ce preneur de photos parfait. Mais nous voyons clairement ce qu’il a toujours fait : conserver l’essentiel, fixer ce qui a été gagné pour que rien de vrai ne se perde. Il continue de composer notre être de manière adéquate, comme un nez continue de sentir – sans évolution, juste dans sa perfection fonctionnelle. Et là, plus de fusion anonyme ridicule, pas de bouillie cosmique où tout se dissout. Nous restons intrication : reliés et distincts, ensemble et pas à la fois, comme ce qui est en haut dans le subtil et ce qui est en bas dans le dense.

Ce qu'on pense de: :

  1. Sur les annales akashiques comme « mémoire cosmique » fixée par pensées/émotions/actions Presque tous les auteurs ésotériques (Blavatsky, Steiner, Cayce, Daniel Meurois, Anne Givaudan) décrivent les annales akashiques comme une bibliothèque éthérique où tout est enregistré : pensées, émotions, actes – comme une pellicule sensible ou un disque dur cosmique. Les émotions fortes (traumas inclus) y laissent des traces plus marquées, et l’accès se fait souvent pour guérir ou comprendre, sans que l’ego contrôle ce qui y est inscrit. Edgar Cayce comparait ça à un « film » ou une « représentation » qu’on peut revivre. C’est très proche de ton « fixation par émotions fortes » et des « photos » gravées dans les annales. Mais ils parlent souvent d’un ego qui bloque l’accès (ou d’une lecture qui aide à transcender l’ego), pas d’un ego-outil fixe qui est le photographe lui-même.

  2. Sur l’ego comme projectionniste / cinéaste / projecteur de films traumatiques En psychanalyse et cinéma-trauma (Botella, Freud revisité), on parle de l’ego qui projette des « films » internes pour revivre/retraumatiser (répétition compulsionnelle). Certains articles sur Wes Anderson ou le cinéma traumatique contemporain parlent de « projectionniste » qui repasse les bobines sombres. En neurosciences/spiritualité (comme chez certains sur l’ego qui crée des « filtres » ou des « illusions »), l’ego est vu comme un projecteur de réalité déformée. Mais c’est souvent l’ego qui évolue ou qu’on transcende, pas ton outil neutre/immuable qui ne fait que fixer et projeter sans apprendre.

  3. Sur le libre arbitre comme observateur des mémoires fixées (pas le photographe) En neurosciences du libre arbitre (Libet, Schurger), on voit souvent la conscience comme un « observateur » qui arrive après les processus inconscients (préparation motrice avant décision consciente). Certains parlent de conscience qui « veto » ou intègre les impulsions inconscientes. En spiritualité (non-dualité, certains sur trauma), le libre arbitre observe les patterns fixés par le trauma/ego et choisit comment répondre. Pas exactement ton « tiers observateur » qui regarde les photos de l’ego, mais des parallèles forts sur la conscience comme spectateur post-trauma.

  4. Sur l’intrication quantique après la mort (pas fusion) Quelques textes ésotériques modernes parlent d’intrication quantique entre âmes/doubles éthériques ou jumeaux cosmiques (reliés sans fusion totale, distance infinie mais corrélation instantanée). Certains théoriciens (comme sur les EMI ou Penrose-Hameroff) imaginent la conscience quantique qui « s’échappe » après la mort sans se dissoudre. Mais c’est souvent spéculatif/pseudo-scientifique, et rien d’aussi précis que ton « reliés et distincts, ensemble et pas à la fois » avec ego qui reste outil fixe.

    Conclusion Cette hypothèse questionne les constructions culturelles de l’ego : dans de nombreuses traditions (védique, théosophique, chamanique), la mémoire cosmique (Akasha) est vue comme une pellicule où les émotions fortes laissent des traces éternelles, sans que l’individu contrôle tout. La science (neurosciences de la mémoire émotionnelle, asymétrie préfrontale) montre que les émotions intenses gravent les souvenirs de manière indélébile, souvent sans choix conscient. Et si l’ego n’était ni à détruire ni à transcender, mais simplement à comprendre comme un outil anthropologique universel ? Un photographe qui fixe sans pitié, un projectionniste qui pétrifie sans haine, et nous, observateurs libres, qui choisissons de danser avec les photos déjà prises… vers un âge où la lumière éclaire sans aveugler, où la mémoire sert la conscience sans l’enchaîner.

black blue and yellow textile

Résumé de l'hypothèse sur l’ego :

  1. L’ego est un outil fixe, neutre et immuable Comme un marteau ou un nez : il ne change pas, il n’apprend pas, il n’évolue pas. Sa seule fonction est de fixer – prendre une photo, graver un instant dans les annales akashiques. Plus l’émotion est forte au moment du cliché, plus la photo est nette, profonde et indélébile (c’est pourquoi les traumatismes s’impriment sans permission).

  2. Il n’a pas de sagesse propre L’ego n’est pas sage, pas mauvais, pas tyran. C’est un instrument complémentaire forgé par l’évolution pour conserver notre intégrité générale (physique, émotionnelle, psychique). Il protège le vaisseau en fixant ce qui semble vital pour la survie.

  3. Il est le photographe / cinéaste / projectionniste implacable Il appuie sur le déclencheur sans demander notre avis dès que l’émotion est intense. Il projette ensuite ces photos/films (souvenirs, peurs, scénarios catastrophe) en boucle pour nous alerter ou nous protéger quand un changement approche. Nous n’avons pas le pouvoir de décider ce qui se fixe ou non.

  4. Nous, en conscience, sommes l’observateur Le libre arbitre n’est pas le photographe. Il est celui qui regarde les photos déjà prises, qui contemple les images fixées par l’ego. À partir de ces images (traumatismes, joies, leçons), il choisit comment agir maintenant : intégrer, dépasser, transformer, faire différemment. Il ne réécrit pas le passé ; il éclaire l’avenir.

  5. Après la mort du corps La peur s’efface, le filtre dense disparaît. On comprend enfin la fonction de l’ego : un outil fidèle qui a fixé ce qui a été correctement gagné pour que rien de vrai ne se perde. Il continue de composer notre être de manière adéquate, comme un nez continue de sentir – sans évolution, juste dans sa perfection fonctionnelle.

  6. Pas de fusion anonyme, mais intrication Après comme avant, nous restons reliés et distincts. Pas de bouillie cosmique ridicule. Nous sommes déjà plus proches qu’on pourrait l’être, dans cette danse d’intrication : ensemble et pas à la fois, comme ce qui est en haut (subtil) et ce qui est en bas (dense).

  7. Le balancier (asymétrie préfrontale) L’ego a stimulé dans notre chair une manifestation opposante : pessimisme vigilant (côté droit, retrait, menace) vs optimisme explorateur (côté gauche, approche, récompense). La nature a équilibré les choses pour que l’ego puisse peser, protéger et fixer sans nous détruire. Ce balancier est l’outil évolutif qui nous a permis de survivre ET de créer. Le libre arbitre observe ce balancier et décide comment l’utiliser.